Extraits de " Dialogues des Carmélites "
Poulenc et Bernanos :
Poulenc dédicace ainsi sa dernière partition à "la mémoire de ma mère qui m'a révélé la Musique, de Debussy qui m'a donné le goût d'en écrire, de Monteverdi et de Moussorgski qui m'ont servi ici de maîtres." Il dévore la pièce de Bernanos et s'écrit, " Mais évidemment, c'est fait pour moi ! " Poulenc a pour dessein de faire entendre le texte de Bernanos avant toute autre chose. Il compose cette magnifique partition avec humilité, puisant dans ses dernières forces l'inspiration créatrice. Le personnage de Blanche, c'est lui, fervent croyant, torturé par des tourments et la peur de mort. Le texte puissant de Bernanos, inspiré d'une nouvelle de Gertrude Von le Fort, n'est jamais affadi par l'écriture musicale de Poulenc.
Il est intéressant de savoir, que l'histoire des Carmélites de Compiègne est une réalité historique et que
quelques jours après leur sacrifice, la terreur a cessé, plus une tête n'est tombée!
 

ARGUMENT

Quel plus grand chaos pour notre pays que la révolution française. La terreur! Une époque, mais aussi
le quotidien de Blanche de la Force, contre-héroïne du " Dialogues des Carmélites ", Blanche incarne toute la fragilité d'une âme tourmentée par la peur de la mort.

C'est au Carmel de Compiègne que Blanche espère trouver la paix de l'âme. Elle va y rencontrer une jeune novice, Constance, fraîche et innocente jeune fille, qui fait d'étranges rêves prémonitoires.
Constance ne craint nullement la mort au contraire de Blanche.

La Prieure du couvent, voit tous les tourments endurés par Blanche. Agonisante, elle va confier à
Mère Marie, la responsabilité spirituelle de la jeune novice, et endosser la mort de celle-ci.
" On ne meurt pas chacun pour soi, mais les uns pour les autres, ou même, les uns à la place des autres. "

Mère Marie de l'incarnation, incarne l'ordre et la rigueur de son ordre, elle s'apprête à devenir la nouvelle prieure, mais l'ancienne supérieure craint pour ses carmélites le fanatisme sans borne de celle-ci, et ne se trompe pas, car sous l'impulsion de mère Marie, les Carmélites de Compiègne, innocentes victimes de la terreur, vont sacrifier " leurs pauvres petites vies " pour que cessent les tueries sanguinaires des sans culottes.

Avant son décès, la vieille Prieure nomme donc à sa succession, la douce Mère Lidoine. Elle connaît le bon sens et la générosité de celle-ci et espère qu'elle pourra éviter la guillotine aux Carmélites. Malheureusement, Mère Lidoine arrivera trop tard, elle échouera. Avec un amour tout maternel, elle ira avec ses filles au sacrifice.

La révolution gronde et le Chevalier de la Force, frère de Blanche, veut sortir sa sœur du carmel, sentant qu'elle n'y est plus en sûreté. Mais Blanche refuse de le croire, et se croit suffisamment forte pour tout affronter, même sa peur de la mort. Cependant, au premiers grondements de la populace, elle s'échappe du carmel, et retourne chez son père.

Mère Marie de l'incarnation s'acquittera alors de sa tâche, et tentera de ramener Blanche à la raison,
en allant la chercher au château.

Elle, qui a poussé les carmélites à prononcer le vœu du sacrifice, vivra le châtiment de ne pouvoir aller à l'échafaud avec ses compagnes, qui entonneront un vibrant et touchant Salve Regina au moment d'offrir leurs vies.

Critique de la première: Des applaudissements si enthousiastes qui durant de longues minutes ont salué la performance des chanteurs qu'on se serait presque cru à l'opéra Bastille ! les extraits choisis résumaient fort bien la montée de la tension tragique…L'agonie de la prieure, Josèphe Chancel tout à fait remarquable d'intensité dramatique dans ce rôle, tout comme Stéphanie Varnerin dans celui de Blanche de la Force où la pureté de sa voix fit merveille. On ne saurait les nommer toutes, mais les bravos sont à partager avec chaque interprètes.